
Les petites annonces

Memes de la semaine
Télénigmes 1Au coeur de la PassacrêpeTélHérodote - Le Saint-Empire, ennemi commun des communes
La minute du CHAT - Du Changement à la Ludo !

Les Télévoyages d’Amélie - La culture Lenca
Top 7 des salles de TélécomSubmerged in the depthsPrésentation du nouvel Outil Recherchearticle écrit par Amélie Canchaya
Les Lencas sont un peuple vivant au Honduras et au Salvador

Carte indiquant où vivent les Lencas dans ces deux pays

Carte indiquant la position du Honduras et du Salvador en Amérique Centrale
Les Lencas sont un groupe éthnique Mésoaméricain appartenant à la région de la Mésoamérique, comme les Mexicas (que l'on appelle communément les Aztèques), les Tlaxcaltèques (peuple que nous avons évoqué dans notre article sur eux) et les Mayas, et qui est une région où les peuples partagent énormément d'aspects culturels en commun, du style de l'art à la religion.
![]()
Carte de la Mésoamérique
L'origine exacte des Lencas est sujet à débat. Si l'on sait avec certitude que le début de la période culturelle Lenca a commencé au centre du Honduras, la région d'où viennent les ancêtres des Lencas fait débat. Une théorie du professeur Rodolfo Barón Castro suppose que les Lencas sont des descendants des mayas.
Cependant, d'autres recherches viennent remettre en cause cette théorie et affirment que les Lencas sont les descendants de peuples de langue Chibcha (du même groupe linguistique que les Muiscas dont nous avions déjà parlé dans notre article sur eux)

Position où l'on parle des langues Chibchanes
Lors de leur arrivée dans la Mésoamérique, ils auraient été fortement influencés par la culture mésoaméricaine, formant alors la base de leur culture. La plus grande influence qu'ils ont reçu vient de la culture Olmèque (la première civilisation mésoaméricaine qui a existé de 1200 à 400 avant JC).

![]()

éléments fait par les Olmèques

Région où s'est développé la culture Olmèque
C'est cet apport qui leur aurait permis de se développer et d'obtenir leur système de gouvernement.
Cette deuxième hypothèse est appuyée par la linguistique et surtout par l'archéologie, qui montre qu'une fois arrivés dans la région, ils se sont sédentérisés et sont devenus un peuple d'agriculteurs. Cela est de plus lié au fait que leur expansion territoriale est probablement dûe à l'amélioration de leurs techniques pour cultiver la terre.
En tous cas, l'arrivée et le développement des ancêtres des Lencas serait durant la période pré-classique (de 2500 avant JC à 200 après JC). C'est également durant cette période que les fondements de leur religion se sont développés.
On appelle simplement généralement les ancêtres des Lencas les Protolencas.
C'est à partir du classique (qui commence en 200 de notre ère) que les Lencas ont une identitée forte et bien exprimée et sont l'un des peuples les plus importants de l'Amérique centrale.
Le site des Naranjos est l'un des premiers sites que l'on attribue aux Protolencas.
Le site des Naranjos est une ancienne ville construite vers 1000 à 800 avant notre ère.
La ville se trouvant près d'un lac, le lac Yojoa (un lac en Honduras), il est supposé que les Protolencas ont utilisé le lac pour transporter des marchandises pour le commerce.
![]()
![]()
Lac de Yojoa

Carte avec la position du lac (en dessous de San pedro Sula et au dessus de la Esperanza, à l'ouest de Siguateoeque)
La ville possédait une importante influence économique et culturelle dans la région du temps de sa splendeur.
C'est l'un des sites les mieux préservés de la culture Protolenca et les plus anciens d'Amérique Latine.

Le site des Naranjos

Reconstitution hypothétique d'une des parties du Site
![]()
![]()
![]()
Objets trouvés sur le site
Elle sera habité jusqu'à il y a 2000 ans.
Un autre site important est le site de Yarumela, aussi appelé el Chircal.
Il s'agit d'un site occupé de 1000 avant JC à 250 de notre ère.
Elle se situe à 60 kilomètres au sud du site de les Naranjos.
La cité recouvrait une taille de 30 hectares.
On a retrouvé dans le site des coquillages du Pacifique mais aussi venant de la mer des caraïbes montrant que la cité était un point de passage avec les deux océans.
Il a aussi été trouvé du jade venant de l'actuel Guatemala, montrant la présence de commerce avec la région. On y commerçait également l'obsidienne (qui sert pour fabriquer des armes en Mésoamérique)
A la fin de la période préclassique (vers 200 de notre ère), sa population était d'environ 6400 habitants. Elle était ainsi en 100 avant JC, probablement la ville la plus peuplée du Honduras (en tous cas c'est le cas parmis les cités que nous connaissons).
La splendeur de la cité en fera la capitale d'un royaume protolenca, le royaume de Yaruma. Celui-ci dura d'environ 400 avant JC à 250 de notre ère. Il fut un royaume assez important.
La seigneurie de Yaruma et la cité furent désertés vers 250 de notre ère à cause de l'émergence d'autres cités, mais aussi de par l'éruption du volcan San miguel qui recouvra les cultures des derniers habitants du royaume, qui durent alors partir. Malgré cela, sa mémoire perdurera chez les Lencas qui connaissaient toujours l'emplacement de la cité.
![]()
![]()
Ruines de la cité
![]()
![]()
Reconstitutions de la cité
![]()
Dessin d'un vase trouvé sur le site
![]()
Vase protolenca du royaume de Yaruma
A partir de la période classique (qui commence en 200 de notre ère), la civilisation Lenca est bien établie, et l'on parle alors de culture Lenca et non plus de culture Protolenca.
La site de Tenampúa est ainsi un bon exemple de la culture Lenca. Elle fut construite au classique tardif (de 600 à 900 de notre ère), donc bien après ces grandes soeurs dont nous avions parlé.
Il s'agissait d'un centre cérémoniel et potentiellement d'une forteresse (hypothèse dûe à la présence de remparts autour du site) ainsi que d'un potentiel refuge pour les gens.
La raison de l'abandon de la cité n'est pas très claire. Une des raisons avancées est que beaucoup de villages Lencas autour se sont dépeuplés, les habitants partant sur les basses terres, poussant ainsi à la fin de l'utilisation de la cité.
Le site se trouve dans le département de Comayagua (le même département où se trouvent les Naranjos et les Yaremala).
![]()
Position du département de Comayagua
![]()
Carte du site de Tenampúa
![]()
Ruine du Tenampúa

Reconstitution du site

Pétroglyphe représentant un oiseau
![]()
Céramique provenant du site
![]()
Art Lenca, représentant peut être un chef datant du classique
Au début du XVIème siècle, les Lencas étaient divisés en seigneuries .
Chaque seigneurie était elle-même divisée en tribus dirigées par un chef assisté par un conseil d'aînés dans la direction du gouvernement. Généralement, c'était le fils aîné du chef qui lui succédait, ou le successeur était désigné par le clan du chef. Exception faite lorsqu'un chef mourrait au combat où abdiquait, le conseil en élisait un nouveau. Puis les tribus étaient à nouveaux divisées entre différents clans, les membres des clans étant reliés entre eux par l'existence d'un ancêtre en commun.
Les seigneuries faisaient la guerre aux autres seigneuries, mais aussi à d'autres peuples comme les Mayas où les Pipils (des Nahualts de l'actuel Salvador, c'est à dire un peuple partageant la même langue que les Tlaxcaltèques ou les Mexicas par exemple).
Le but de ces guerres était soit d'élargir le territoire, soit de faire des esclaves (on utilise le terme esclave pour désigner cela, mais l'esclavage dans le monde Mésoaméricain respecte des règles précises qui le différencie de l'esclavage classique que l'on a dans notre esprit : - l'esclave doit être respecté - les enfants d'un esclave naissent libres - un esclave ne pourra être revendu que si 3 maîtres ont eu à se plaindre de lui (dans certaines civilisations mésoamériquaine, on ne pouvait même pas revendre les esclaves) - Certains esclaves pouvaient possèder des terres, voire des esclaves - On devenait esclave généralement lorsque l'on était fait prisonnier, ou pour rembourser une dette Anecdote : sachez que chez les Mexicas par exemple, les esclaves sont considérées comme des membres de la famille).
A certaines périodes de l'année, certaines seigneuries Lencas pouvaient faire la paix entre eux après une cérémonie nommée la Guancasque (dont nous avons déjà parlé)
Sinon, on pratiquait dans la société Lenca l'agriculture de Milpa (c'est un mot d'origine Nahualt); il s'agit d'un type d'agriculture qui consiste à cultiver ensemble le maïs, le haricot et la citrouille. Cette méthode permet à chaque plante d'aider sa voisine à pousser et d'avoir un sol fertile (les feuilles recouvrent le sol limitant l'eau qui disparaît, le haricot apporte de l'azote au sol et le maïs sert de support pour la citrouille et l'haricot pour qu'ils poussent sans tuteur).

Dessin représentant cette culture du sol
Les villes étaient composés de places entourées de pyramides faites de pierres et de boue. En haut de chaque pyramide, on trouvait un temple. Il s'agisait alors du noyau religieux et politique de la ville.

Exemple de ces pyramides
Quant aux citoyens, ils vivaient dans des maisons de type bahareque, utilisant un système de construction traditionnel du continent qui utilisait des bâtons ou des roseaux et de l'argile.

Construction d'une maison selon la méthode Bahareque en Uruguay
Maison de type Bahareque en Colombie

Autre exemple de Bahareque venant du Guatemala
La noblesse et les chefs avaient généralement des maisons plus grandes que la moyenne.
Telle était la société Lenca lorsque les Conquistadors espagnols sont arrivés en Amérique centrale.

Tlaxcaltèques et un espagnol durant la conquête du Guatemala

Armée espagnole accompagnée de leurs alliés Tlaxcaltèques (remarquons ici que les Tlaxcaltèques portent des épées remises par les espagnols aux Tlaxcaltèques) entrant en Amérique Centrale
Les espagnols cherchent alors à évangéliser les populations Lencas et à leur imposer les lois de la couronne espagnole. Si certaines seigneuries acceptent, d'autres refusent car souhaitant garder leur indépendance.
Le seigneur Entepica, un très ancien seigneur d'une seigneurie autour de l'actuelle ville de Piraera (dans l'actuel département de Lempira) fait partie de ces chefs qui s'opposent à la colonisation espagnole.
![]()
Département de Lempira
En 1537, il charge Lempira - un de ces chefs de tributs et un de ces meilleurs guerriers ; il avait une réputation de guerrier invincible et d'excellent chef militaire - de vaincre l'envahisseur espagnol et Tlaxcaltèque.
Avec de nombreuses alliances, Lempira avait sous son commandement une armée de 30 000 guerriers. Cette armée comprenait les armées d'Entepica mais aussi de nombreux chefs Lencas (dont certains en guerre avec Entrepica mais qui, face à la gravité de la situation, ont accepté de s'allier au Seigneur).
On dit qu'elle possédait des personnes de 200 villages.

Représentation de Lempira
Ils affronteront une armée de 80 espagnols et de 1000 à 3000 alliés indigènes (des Tlaxcaltèques, des Totonaques et Alcolhuas pour citer des noms d'alliés des espagnols), ou des peuples vaincus et asservis par les espagnols.
La lutte fut difficile pour les Lencas, les forces des espagnols tenant bon. Cependant, les espagnols n'arrivèrent pas à soumettre les Lencas.

Lempira affrontant un espagnol
La mort de Lempira est décrite comme suivante par le chroniqueur Antonio de Herrera y Tordesillas. Au milieu de négociations de paix, il avait devant lui deux hommes à cheval. Lempira rejettait les propositions des espagnols. L'un des espagnols lui tira alors dessus avec son arquebuse. Lempira meurt ainsi et son armée est alors déboussolée et est vaincu par les espagnols.
Un document écrit en 1558 affirme que Lempira serait mort lors d'une bataille et qu'un capitaine espagnol aurait alors récupéré sa tête comme preuve.
La résistance aura durée 6 mois. Elle marqua tant les esprits au Honduras qu'un département sera nommée en l'honneur du chef, le département de Lempira et que la monnaie du Honduras est le Lempira. On trouve également de nombreuses statues en l'honneur du chef militaire.

Billet de Lempira en l'honneur du chef Lempira

Statues en l'honneur du Chef Lempira
Les estimations de la population indigène lors de la conquête varie beaucoup : on parle de 300 000 en 1520 et 25 000 en 1550, des fois 15 000 en 1537 et 8000 en 1539.
Lors de l'indépendance des Républiques d'Amérique centrale comme le Honduras en 1821 de l'Espagne, les nouveaux gouvernements ne reconnaissaient pas les populations autochtones, les jeunes républiques pratiquant des politiques de blanchiment et donc d'acculturation de ces dernières.

Gravure de 1859 représentant des Lencas
Cela va provoquer la disparition de la langue Lenca du Honduras et sa quasi disparition du Salvador (aujourd'hui on compte 35 personnes au Salvador qui parlent la langue Lenca). Il existe au Salvador des projets visant à protéger la langue Lenca de l'extinction.
Malgré cela, les Lencas actuels continuent de faire vivre leur grande culture.
En 1993, la Lenca Berta Cáceres cofonde le COPINH, le Conseil citoyen des organisations des peuples amérindiens du Honduras. Les membres reçevaient régulièrement des menaces de mort car ils s'opposaient à l'exploitation minières et à de potentiels barrages qui menaçaient l'environnement et les populations locales.

Berta Cáceres en 2007
Les demandes du COPINH ont donné quelques résultats, tels la redéfinition des frontières municipales afin de permettre aux communautés locales Lenca d’avoir un contrôle légal sur leurs territoires. En 1994 une première nouvelle municipalité était créée, San Francisco Opalaca, dans la province d’Intibua. C’est la seule municipalité du pays où toutes les terres sont gérées par un conseil rural indigène. Six nouvelles autres municipalités ont vu le jour les années suivantes.
En 2006, elle lutte contre un projet de barrage qui aurait empêcher l'accès en eau à plusieurs centaines d'habitants.
Le 8 juin 2009, la Commission Interaméricaine des Droits de l'Homme (la CIDH) la place elle et d'autres militants lors du coup d'états au Honduras.
Elles et les militants de l'associations sont très suivis par des militaires. Sa maison sera d'ailleurs encerclée par des militaires durant cette période.
En avril 2015, elle reçoit le prix Goldman de l'environnement.
Le 2 mars 2016, elle est assassinée. Elle n'avait pas de protection alors que la Commission Interaméricaine des Droits de l'Homme avait demandé au gouvernement hondurien de la protéger.
Le 15 novembre 2021, la CIDH demande au gouvenement Hondurien de protéger sa famille.
On compte actuellement environ 453 672 personnes se disant Lenca.
Passons maintenant à la découverte de la culture Lenca :
Commençons par l'ancienne mythologie Lenca :
Mythe de l'origine de l'humanité :
Dans la mythologie Lenca, l'humanité fut créé par la déesse Managuara (qui est souvent considérée comme l'équivalent Lenca de Quetzalcoalt (pour les Nahualts) et de Kulkulkan (pour les Mayas), étant ainsi le serpent à plume Lenca).

Représentation possible de Managuara
Selon la légende, Managuara aurait amené avec elle la poussière des étoiles et, à son arrivée, elle rassembla des graines de maïs et de cacao.
A l'aide d'une meule et d'un pot en argile, elle façonna une créature différente de toute les autres créés par les autres dieux sur terre. Elle la dota de conscience et d'intelligence, créant ainsi le premier être humain en un lieu nommée « Ti Ketau Antawinikil ».
Plus tard, la déesse créa un autre être humain « Ti Wanatuku » qui éclot d'un oeuf qui avait été posé sur un nid sur la tête du premier être humain.
Ces deux humains sont considérées par les Lencas comme les ancêtres de toute l'humanité.
L'oiseau Cacalote :
Un autre mythe Lenca parle de l'oiseau Cacalote, un oiseau proche d'un vautour considéré comme le découvreur du maïs.
On raconte que pendant la moisson, il a l'habitude de récupérer du maïs et de les cacher dans des grottes. Lorsque le maïs se fait rare, il a l'habitude de les récupérer pour s'en nourrir.
Cela fait de lui un gardien de cette plante et un symbole de l'abondance et de la pénurie dans la vision du monde Lenca.
Le mythe des Egueguan :
Selon les mythes, les Egueguan étaient des êtres liées à la création des étoiles. Ils vivaient dans les cieux mais, incapable de supporter leur chaleur, ils décidérent de descendre sur la terre.
Ils trouvèrent refuge dans les montagnes où ils finirent par périr. Leurs esprits habitent encore ces montagnes, les protégeant des intrus.
La découverte des nuages :
Un autre mythe raconte comment un tatou et un opposum ont découvert les nuages.

Un Tatou

Une dame Opossum
On raconte qu'en creusant, l'opposum et le tatou auraient trouvés des jarres d'argile d'origine divine contenant les nuages. Les deux animaux brisèrent les jarres, récupérant les nuages. Lorsque les dieux s'en apperçurent, ils capturèrent les animaux et récupérèrent les nuages.
Comizahual

Représentation du mythe
Le mythe de Comizahual (parfois appelée Coamizagua ou Comitzuahutl) est l'un des mythes Lencas les plus répandus. Il s'agirait d'une ancienne dame apparue plusieurs siècles avant la conquête espagnole (on peut entendre dans certaines versions 2 siècles avant la conquête). Elle est décrite comme ayant deux formes, celle d'un Jaguar, tandis que sous sa forme humaine, elle était une femme à la peau et aux cheveux blancs. Elle était une guerrière aguerrie, une dirigeante sage et une maîtresse de la magie. Elle était d'après les dires des Lencas « Blanche comme une Castillanne » (une espagnole). Elle possèdait de grandes connaissances en agriculture et militaires, qu'elle donna aux Lencas.
Elle établi son siège à Celsaquiquín, une vallée fertile.
Elle agrandit alors son domaine et pertagea son domaine entre ces 3 fils lorsqu'elle sentit son heure arriver (ou simplement 3 enfants selon les sources) ou, dans certaines versions, entre ces 3 frères. Elle leur laissa avant de partir des instructions pour diriger et traiter les Lencas de son royaume.
On dit que lorsqu'elle était âgée, un grand éclair accompagné de tonnerre illumina le ciel, et que les habitants virent un grand oiseau lumineux aller vers les cieux. Les habitants disant que c'était elle métamorphosée qui s'envolée vers les cieux où elle pourrait continuer de veiller sur son peuple.
Malgré tout l'aspect mythologique derrière ce mythe, certains historiens pensent qu'elle aurait réellement existé et était albinos, donnant un aspect surnaturel et donc magique pour les Lencas qui aurait contribué alors à son mythe telle que nous le connaissons.
Les dieux du panthéon Lenca :

Divinité Lenca appelée le dieu volant
Les Lencas possèdaient un nombre importants de dieux. Nous en avons évoqués certains comme Managuara, parlons maintenant des autres.
Itanipuca
Il s'agit de la divnité la plus importante du panthéon Lenca, appelée avec respect par les Lencas le Grand Père. Il était lié au ciel, aux mouvements des étoiles et à la position des constellations.
Cet elément était très important dans les mythologie de Mésoamérique, ce qui a contribué à en faire la divinité principale du Panthéon. Il était ainsi la divinité céleste des Lencas
Ilanguipuca
Ilanguipuca est la déesse de la terre, des rivières et des lacs, associée aux récoltes. Elle était appelée la Grande Mère et était l'épouse d'Itanipuca, il était ensemble les dieux créateurs du monde.
Icelaca
![]()
Représentation d'Icelaca basée sur les descriptions
Icelaca était une divinité importante lié au concept du temps et de ce fait au changement des saisons. On considérait les tempêtes et les ouragans comme venant de lui.
Les Lencas l'appelaient le Seigneur du Temps.
On a quelques descriptions sur lui, comme celle de Diego García de Palacio qui explique avoir assisté à une cérémonie Lenca où, après avoir circonsis 4 jeunes adolescents de 12 ans, leur sang fut disposé sur une représentation d'Icelaca. Cette représentation, de forme ronde, avait deux visages constellés d'yeux (pour voir le passé et l'avenir).
Les chroniqueurs disent qu'on lui offrait des cerfs, des lapins, des poulets, des chiens muets et des dindes en sacrifice. On lui offrait également du sang, des oreilles et des langues en offrande.
Le chroniqueur Antonio de Herrera dit quant à lui que la divinité était représentée par une grande pierre à trois pointes, chacune ornée d'un visage difforme.
Anne Chapman, dans son livre de 1992 intitulé Les Enfants du copal et de la bougie, mentionne que certains indigènes du village de Manazapa (département hondurien d'Intibucá) lui ont dit qu'ils avaient une divinité à deux visages qui voyait le passé, le présent et l'avenir, à laquelle ils faisaient des offrandes (rites domestiques et agricoles), et que dans le passé, ils tranchaient la gorge des gens et aspergeaient la représentation de la divinité de leur sang tout en jouant des tambours (ornés de plumes de quetzal) et des conques.
![]()
![]()

Images de Quetzal
Passons maintenant aux cérémonies Lencas et à la vie religieuse Lenca.
Dans la société religieuse Lenca, les femmes avaient un rôle important dans le chamanisme, on pense même que la majorité des chamans étaient des femmes et que chaque femme pratiquait au moins un peu le chamanisme dans la société.
Il existait de nombreux rituels aux différentes divinités, se composant souvent d'un sacrifice pour obtenir l'aide des dieux pour avoir une meilleure météo, de meilleures récoltes, célébrer une victoire, remercier les dieux, etc.
L'un des rituels préhispaniques qui perdure est la Compostura, qui consiste à rendre grâce à la terre. Aujourd'hui encore, cette cérémonie conserve de nombreux éléments précolombiens, comme l'utilisation du feu et de la fumée, la vénération de l'eau et du maïs, ainsi que le rôle du chef de prière ou guide spirituel, à l'instar des chamans. Malgré cela, le rituel présente un certain syncrétisme, puisque certains Lencas incluent, lors des cérémonies, des saints chrétiens et font référence à des figures de la religion chrétienne.
Lors de ce rituel un autel est construit pour les compositions, consistant en un cadre rectangulaire de branches, d’une hauteur d’environ un mètre et demi, dans lequel sont insérées des branches de pin. La croix bénite, appartenant à la famille du propriétaire, est indispensable pour ces rites ; parfois, une deuxième croix est également fabriquée à partir de branches, qu’on laisse ensuite en place. Des plantes parasites appelées zomos, qui poussent sur les arbres en haute montagne, sont placées sur l’autel. Ces plantes symbolisent les esprits auxquels le rite est dédié. Au pied de l’autel brûlent des bougies au nombre de 2, 4, 9 ou 18, des jarres de chicha, des oiseaux de sacrifice, du copal, un métate pour moudre les fèves de cacao utilisées lors du rite, des coupes, des petits récipients en terre cuite, etc.

Un autel pour une Compostura
![]()
Une prêtresse en tenue anthropomorphes faisant potentiellement un rituel
![]()
Pierre dite à sacrifice servant à broyer des plantes pour des rituels religieux
Un autre rituel encore pratiqué est celui du Guancasco que nous avions évoqué.

Représentation récente de la Guancasco
Pour rappel, il s'agissait initialement d'un fête entre seigneuries qui avait pour but de permettre la paix entre ces dernières. Les peuples unis par cette cérémonie sont appelées les Guancos.
La version actuelle intègre des éléments catholiques et se déroule entre villes, la coutume veut qu’elle ait lieu le jour de la fête patronale de la ville qui reçoit l’autre. Les autorités religieuses portent sur leurs épaules l’image de leur Saint Patron, accompagnées de musiciens généralement masqués ; les personnes invitées se rendent à l’église où elles saluent l’image célébrée et déposent ensuite la leur, qui restera en place pendant toute la durée des festivités.
Les guancos participants sont généralement des capitales municipales, et les festivités s’accompagnent généralement de foires commerciales qui profitent à la localité hôte.

Guancasco en 2014
Terminons par quelques photos de personnes Lencas :


Des familles Lenca





![]()
Lencas travaillant en Honduras et au Salvador
Terminons par quelques musiques : - En premier une musique en partie en langue Lenca pour que vous pussiez l'entendre : https://www.youtube.com/watch?v=OsJ8ZkpMdkY - En deuxième une musique faite par un groupe Lenca en espagnol : https://www.youtube.com/watch?v=7KdsbD2KbSw
Ainsi se conclut cet épisode en espérant qu'il vous aura plu !